die blog van toons

Blog d'un Rbati à Strass... Ca parle de tout, mais surtout de rien... Bonne visite!

06 août 2008

Aljazeera, ou la falsification de l'histoire des andalous.

 

Quoi de plus irritant quand, en regardant un documentaire, on se retrouve face à une déformation flagrante de l'histoire?

Ma stupéfaction fut en visionnant un reportage d'Aljazeera, ainsi on se retrouve avec des andalous au faciès très "typé berbère" (ce n'est pas parce que 3 ou 4 familles andalouses auraient atterri au milieu d'une tribu de jbalas que toute la tribu est andalouse!), avec un chef de famille de réfugiés habillé comme un habitant de Baghdad, ainsi qu'un amalgame malhonnête entre les habitants du Nord (jeblis) et les andalous (de par les habitudes, le mode vestimentaire et les caractéristiques physiques).

Aussi, il est nécessaire de remettre la lumière sur certaines vérités:
- L'insinuation que les expulsés d'après 1492 (jusqu'en 1614) auraient des noms espagnols alors que ceux qui auraient fuit avant 1492 auraient des noms arabes est fausse, ainsi certaines familles de cette dernière catégorie portent des noms bien andalous (comme les Almandre) et certaines familles de la 1ere catégorie portent actuellement des noms arabes (comme les Benyoussef).
- Ce qu'on appelle "Aljamiado" n'est pas une langue que les moriscos auraient été obligés d'apprendre pour remplacer l'arabe, mais est bel et bien la langue parlée autrefois en Andalousie. D'ailleurs sa proximité avec le Haketia n'est plus à démontrer, et la pratique de la langue espagnole (sous différentes variantes) dans la vie de tous les jours de l'Andalousie (contrairement à la langue de la Cour, langue officielle, qu'était l'arabe) est un fait qu'il serait malhonnête de nier, et si les descendants des hornacheros parlaient espagnol, ce n'est pas parce qu'ils avaient été expulsés plus que 100 ans après, mais bel et bien parce que cette langue a toujours été la leur jusqu’à l'exil.
- Le mot "Titawen" n'a plus lieu d'être. "Titawen" est une ville du passé, une ville qui a été détruite et qui n'existe plus que dans les annales de l'histoire. La ville de Tétouan a été bâtie par Almandre Ier, et toute tentative de minimiser cet acte ou toute revendication sur cette ville, notamment celle des berbéristes, n'a pas lieu d'etre.
- L'image des andalous réfugiés qui débarquent sur la plage déserte est une déformation gravissime de l'histoire, car ces populations débarquées ont été attaquées, dépouillées, volées, violées et massacrées par les populations locales. Cette image donnée par le documentaire n'est qu'une insulte à la mémoire des victimes.

Cependant, la reconnaissance que les expulsés d'Andalousie n'étaient pas des "arabes d'Andalousie" mais bel et bien des andalous de souche convertis à l'Islam est louable, en espérant que les historiens, y compris les marocains d'entre eux, reconnaissent (un jour) ceci et cessent de parler des "arabes d'Andalousie", car ce n'est que falsification de l'histoire et alignement avec les versions espagnoles utilisant ce terme dans le but de donner un air "étranger" à ces populations, justifiant par la même leur expulsion.

Avec tous mes remerciements à Wiam Khalifa El-Jamaï pour m'avoir fait connaitre cette vidéo.


Par: Omar Tounsi, descendant du Rais Tounsi qui mena la lutte (Aljihad Albahri) aux cotés du Rais Alioua et qui fut le gendre de ce dernier, petit fils de Malika Semmara, descendante de Almandre Ier, petit fils de Saadia Morena, descendante de la famille Moreno qui furent les derniers gouverneurs de Rabat de (l'ephemere) République du Bouregreg.
(cette derniere partie (signature) n'est qu'humour (meme si c'n'est pas faux)) :) :p

Published on Tuesday, February 26, 2008 at 9:49pm.

Posté par toons à 07:37 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

hello toons de citromania!!

heureuse de te retrouver tounsi :))
toujours à rabâcher cette histoire d'andalous!
ils se sont pas encore excusé ces scélérats? :))
je t'ai à l'oeil ;)

Posté par waaayli, 06 août 2008 à 15:15

Veritable histoire....

Je suis un passionné de l'histoire d'al andalous, et je me permets d'être en total (ou presque) désaccord avec cette thèse. Beaucoup de fantasmes circulent sur L'histoire de l'Espagne médiévale. Il y le fantasme berbère, qui consiste à prétendre que la civilisation d'al andalous a été le fruit du génie Amazighe. Sur certain site Noir américain, les Maures d’Espagne sont des noirs africains. Sur les chaines de télévision marocaine, j’ai entendu dire que Séville, Murcie, Valence...étaient dans le passe des villes marocaines, et qu’Averroès, Ibn Arabie, Al shushtari étaient marocains ! Que de délires ?
La vérité est qu’Al andalous a été un pays a part, très différent du Maghreb. Son arabisation et islamisation a été beaucoup plus rapide que celui de la Tunisie (je ne parle pas du Maroc ou de l’Algérie).
"Aljamiado.... est bel et bien la langue parlée autrefois en Andalousie « ...Non, le dialecte arabe pratiqué en Espagne est l’un des plus proche de l’arabe classique. Il suffit de lire les poèmes d’Ibn Quzman (XI) pour s’en rendre compte. L’arabe andalou a largement contribué au dialecte utilisé aujourd’hui au Maroc et en Algérie. Lors de la bataille de Zalakas en 1089, la khutba a été prononce en Arabe pour les andalous, et en berbères pour les contingents marocains (almoravide), pas mention de aljamiado.
« contrairement à la langue de la Cour, langue officielle, qu'était l'arabe » ...non. Les andalous se considéraient comme Arabe (Ibn Khaldun), ainsi Said al Andalousi (~1060 Altarīf bi ṭabaqāt alumam et Jawāmi al akhbār alumam min alArab walAjam) explique que le « monde arabe est divise en deux, l’Espagne et le maschreq (sans l’Egypte)» entre les deux on ne parle arabe qu’a Fez, Kairouan, et a Alexandrie. L’arabe est la langue de la rue, mais cela n’empêche pas l’utilisation sporadique de mots latin ou romand (voir les zajal d’Ibn Quzman).

Al Idrisi explique que les habitant de silves au Portugal « parlent un dialecte arabe très-pur ; ils savent aussi improviser des vers, et ils sont tous éloquents.. »

A Tolède la population Mozarabe fuyant les régions musulmanes ont impose l’emploi de la langue arabe, sous des formes écrite et parlée, comme véhicule normal de la communication, et cela durant une longue période. Passe le milieu du XIIe siècle, la prépondérance mozarabe dans la ville entraine l’arabisation, au moins linguistique, des immigres procédant du nord, castillans et francs, a tel point qu’a la fin du siècle les représentants de la confrérie des Francs signent en arabe de leur propre main. Si la Tolède chrétienne du début du XIIIe siècle parle arabe, que doit-on penser de Cordoue, Valence, Murcie...etc. ?

Toutefois, il semble que des dialectes non arabe étaient encore pratique sporadiquement jusqu’au milieu du XIIème siècle dans les montagnes autours de Grenade, de Coimbra et Saragosse.

Il n’est pas concevable qu’un pays puisse avoir produit une littérature arabe si riche sans que sa population ne maitrise l’arabe. Ibn Khaldun rapporte que les andalous enseignaient aux enfants les bases de la grammaire arabe et la poésie, avant même de compléter l’apprentissage du Coran.

Ainsi, l'arabe andalou semble s'être singularisé rapidement et généralisé à l'oral dans la plupart des parties d'Al-Andalous entre les IXe et XVe siècles. Pendant les XIe et XIIe siècles, il semblerait qu'il ait atteint son apogée, les locuteurs étaient estimés autour de 5 à 7 millions. Il a ensuite régressé, suite au changement progressif de l'équilibre entre musulmans et chrétiens de la péninsule ibérique, bien qu'il ait gardé une certaine présence dans certains secteurs déjà sous contrôle chrétien jusqu'à l'expulsion finale des Morisque au début du XVIIe siècle.
En même temps, le déplacement d’Andalous vers les rives d’Afrique du Nord, du XIIIe au XVe siècle, au terme de la reconquista espagnole, consolide la présence de l’arabe dans les centres urbains comme Tétouan, Fès, Rabat-Salé, Tlemcen, Bougie, Alger ou Tunis. L’immigration des Andalous va accentuer de manière durable le processus d’arabisation du Maghreb.

En 1567, Philippe II d'Espagne publia un arrêté royal en Espagne obligeant les Morisques à abandonner l'arabe, et interdisant son usage écrit comme oral en toutes occasions, formelles ou non. L'emploi de l'arabe fut considéré comme un crime. Trois années furent données aux Morisques pour apprendre le castillan, après quoi ils devaient se débarrasser de tout écrit en arabe.
Te faut il plus de preuve pour te convaincre de l’arabité des Andalous ?

« L'insinuation que les expulsés d'après 1492 (jusqu'en 1614) auraient des noms espagnols alors que ceux qui auraient fuit avant 1492 auraient des noms arabes est fausse »...

En fait, la situation linguistique en 1492 est très compliquée. La région de Grenade est peuplée d’arabophone, il existe manuel franciscain (~1560) qui inclue un dictionnaire arabe-castillan a l’usage des missionnaires parti pour évangéliser la population locale. Paradoxalement, les régions les plus peuplées en Musulman (Mudéjares) sont l’Aragon et Valence, sont les régions les plus anciennement conquises par les chrétiens ( XII-XIII ie siècle). Ces populations ne parlent plus l’arabe, mais conserve des noms a consonance arabe, par exemple Acen pour Hassan, ...
Suite à la conversion forces des Musulmans (arabophone ou pas), les noms ont ete castillanises, on passe de Ali à Ferdinand. C’est pour cela que les expulsés des annees 1609-1614 ont des noms strictement castillans (J’aime pas le qualificatif d’espagnol, les arabes le sont aussi).
« Ce qu'on appelle "Aljamiado" ....est bel et bien la langue parlée autrefois en Andalousie. ...dans la vie de tous les jours de l'Andalousie (contrairement à la langue de la Cour, langue officielle, qu'était l'arabe) est un fait qu'il serait malhonnête de nier, et si les descendants des hornacheros parlaient espagnol, ce n'est pas parce qu'ils avaient été expulsés plus que 100 ans.... «

Aljamiado est bien du Castillan ou de l’aragonais écrit en caractère arabe. La quasi totalité des textes existant écrit dans cette langue, l’ont ete en Castille et en Aragon (Saragosse) par des populations Mudéjares du XV e et XVI e siècle, pas du XI e siècle ! Il faudrait relire l’histoire avec précision, les Hornacheros ont été expulse 400 ans apres la prise de leur région par les chrétiens. Donc 400 ans et pas 100 ans, cela laisse du temps pour perdre l’usage de la langue Arabe !

« almandre 1ier « ?? Je n’ai jamais vu écrit sidi almandari sous cette forme ... !

Néanmoins je suis d’accord avec toi sur la tendance à falsifier l’Histoire de la part des Marocains qui cherchent à s’accaparer les œuvres d’al andalous, mais aussi de certain Espagnol qui présentent les Andalous comme un élément étranger. La réalité est que les andalous du XI e siècle étaient en majorité de souche Espagnol, de type brun et quelque fois blond, mais définitivement différent du type majoritaire nord africain. En même temps, même si l’apport biologique Arabe du Moyen orient était peut être faible (j’ai des doute), les Andalous peuvent être qualifies d’Arabe d’Espagne tant leur maitrise de cette langue dépassait de loin tout ce qu’on peut trouver jusqu’a l’époque moderne en Afrique du Nord. Peut-on mentionner un auteur de renom d’origine Maghrébine qui peut rivaliser avec un Ibn Rushd, un Ibn Hazm, Ibn Barrajan, Ibn Khaldun, un Ibn Toufail ?? La vérité est que la culture Andalous a profondément marque le Maghreb dans la Musique, la cuisine, l’architecture, et la langue.

Posté par kharicha, 28 mai 2009 à 11:27

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