14 décembre 2008
Le blog a migré...
Retrouvez mon blog par ici:
http://omar-tounsi.blogspot.com/
:)
11 décembre 2008
Entretien avec Abdessamad Tamouro Enseignant de philosophie de l’Histoire de la pensée des civilisations
Entretien avec Abdessamad Tamouro Enseignant de philosophie de l’Histoire de la pensée des civilisations.
« Une vision globale pour le dossier des mauresques »
Abdessamad Tamouro, enseignant de philosophie et d’histoire de la
pensée des civilisations à la Faculté des lettres de Rabat, membre de
l’association marocaine de philosophie (AMP) et est également l’un des
descendants des familles mauresques déportées de Séville il y a des
siècles. C’est l’un des plus actifs membres du « Front de Défense de
l’Unité territoriale nationale ». A. Tamouro présente son réquisitoire
contre l’Espagne.
Comment comptez-vous défendre le lourd dossier que vous préparez contre l’Espagne ?
Il faut qu’un tel dossier soit traité sous une vision globale. Pour
traiter des faits aussi graves et importants : les frontières, les
relations entre peuples et entre civilisations, il faut s’éloigner de
toute vision personnelle ou de revanche, de vengeance ou de vision
politique. Car, la politique ne gère que le conjoncturel, les
compromis... Elle ne peut pas gérer l’Histoire et les civilisations. A
défaut de négociations, à défaut de compréhension et à défaut
d’entente, on ne peut échapper à la tension de conflit. C’est pourquoi
il faut associer dans cette réflexion « les sages ».
Et qui sont donc ces sages ?
Les sages sont des intellectuels et des chercheurs, mais pas n’importe
lesquels. Il faut des chercheurs autorisés, compétents et qui
travaillent dans des institutions indépendantes. A l’instar des
institutions stratégiques, les institutions de travail, les
institutions de recherche ou de coopération.
Pourquoi avez-vous attendu tout ce temps avant de ressortir ces griefs contre l’Espagne ?
On n’a attendu seulement quatre ou cinq siècles. Ce n’est pas beaucoup
dans le processus de l’Histoire. C’est pour cela que nous demandons que
le dossier soit traité dans le cadre d’une vision globale. Les affaires
entre peuples ne peuvent pas obéir aux calculs temporels.
Qu’est ce qui a fait que ce dossier des mauresques marocains ressurgisse tout d’un coup ?
Le déclic est venu du fait que l’Europe demande l’ouverture. Tout le
monde demande le dialogue des civilisations, des religions...
L’humanité a été éprouvée par les conflits et par les guerres
mondiales. On sait ce que cela a donné.
Nous vivons actuellement au Maroc le problème du Sahara. Ce n’est pas
un problème de frontières, mais d’hommes qui ne veulent pas de
frontières ou qui veulent des frontières à leur mesure.
Ainsi donc, ou bien on doit aller dans une vision globale qui cherche
l’entente et qui cherche la compréhension et cela doit être fait en
connaissance de cause, en connaissance de l’autre, loin des rapports de
forces... Ou bien on va directement aux conflits.
Le malheur, c’est qu’on ne peut pas enlever l’Espagne de l’Histoire ou
de la carte géographique. L’Espagne, non plus, ne peut pas le faire en
ce qui concerne le Maroc.
Donc, on est obligé d’envisager cette possibilité de revoir tous les
dossiers en rapport avec les relations de voisinage dans le cadre d’une
vision de civilisation.
Par ailleurs, l’Europe parle de problèmes des frontières, de
l’immigration, de l’interpénétration entre les pouvoirs, le pouvoir de
l’Europe comme institution globale et le pouvoir des Etats... Nous
aussi nous avons les mêmes préoccupations, mais autrement, avec l’Union
du Maghreb... Donc, si on n’a pas cette vision avec nos voisins, on ne
pourra pas avoir des relations d’entente avec l’Espagne et l’Europe, ni
avec l’Algérie, la Tunisie...
La vision globale sur laquelle nous insistons va au-delà de la question
du Sahara... C’est une question civilisationnelle qui est dans
l’intérêt de toute la région.
Il faut souligner aussi qu’il y a dernièrement des conflits énormes,
sanguinaires qui ont fait des milliers de morts et qui, maintenant, ne
sont pas oubliés, mais ont donné lieu à une grande entente en Europe.
Bien évidemment nous savons qu’en Europe tout le chauvinisme et
l’esprit sanguinaire qui a présidé à l’expulsion des musulmans de
l’Espagne est, aujourd’hui en grande partie, révolu. L’esprit de
l’inquisition n’est plus. Il n’y a plus non plus d’esprit prônant les
tueries que les musulmans ont connues en Espagne.
En fait, à l’heure où nous parlons beaucoup de l’ère de liberté, nous avons besoin d’avoir la liberté de voir en face l’avenir.
Dans votre action, est-ce que vous avez reçu du soutien de la part de ressortissants espagnols ?
Nous cherchons à mener des recherches communément avec les Espagnols
pour les grands et les petits dossiers. Parmi les grands dossiers je
propose, personnellement, la création d’un institut stratégique de
recherche entre les deux pays sur les archives par exemple. Non
seulement entre les deux pays, car il faut aussi associer le Portugal.
Nous ne parlons pas seulement avec l’Espagne, mais avec toute l’Europe et particulièrement avec l’Espagne et le Portugal.
Cette institution doit avoir le courage d’étudier sereinement des
dossiers comme celui, par exemple, des frontières, de l’immigration, du
droit de retour, de la nationalité, des efforts de compensation et de
conciliation...
En ce qui me concerne, je peux formuler une demande personnelle au nom
de ma famille pour demander les biens que nous avons perdus en Espagne
et surtout à Séville.
Après tant d’années, serait-il facile d’évaluer les biens perdus à l’époque de l’Andalousie arabe ?
On n’en est pas encore là. Ce qu’il faut pour le moment, c’est d’ouvrir
les archives, laisser les équipes de recherche travailler. Et ce, loin
de tout esprit de revanche.
On doit avoir le courage de dialoguer et d’échanger les archives,
d’écrire l’Histoire des familles musulmanes mais aussi des prisonniers
espagnols au Maroc. Il faut aussi voir la colonisation et les problèmes
qu’elle a engendrés : l’exode, la guerre du Rif...
A combien estimez-vous le nombre de mauresques qui ont été chassés vers le Maroc ?
On peut facilement parler d’un million et demi. Vous savez, d’après les
répertoires, il y a eu des centaines de milliers à l’époque qui ont été
obligés de quitter le territoire espagnol. C’était toute une
civilisation et ça a duré plus de trois siècles. Pour moi et pour ma
famille, je demanderais au moins une forme d’excuse et de compensation.
C’est exactement ce qui a été demandé en faveur des juifs qui ont été
déportés en Europe. C’est la même chose pour nous, car c’est un peuple
qui a été expulsé, qui a subi l’inquisition, l’humiliation et qui a été
interdit de parler, d’avoir une religion et une croyance, interdit de
s’habiller comme il veut... Et ne parlons pas de ce que les Marocains
on subi durant la colonisation espagnole !
lereporter.ma
Le chien en scaphandre qui traversait entre minuit et minuit-cinq
Tout commença un beau 21e jour du mois de Juin de l'an de grace 1985 (avec une marge d'erreur de +/- 730 jours), allait naitre une personne qui allait boulverser l'histoire de ce monde. Nous appellerons cette personne Vader.
Vader eut une enfance normale, jusqu'á sa majorité sa vie ressemblait á celle de n'importe quel autre enfant, avec ses hauts et ses bas, ses rires et ses pleurs, jusqu'au jour oú il decouvrit ses dons; ainsi Vader découvrit qu'il pouvait communiquer avec les animaux, regarder derriere sa tete et qu'il etait indestructible.
A l'age de 21 ans, Vader inventa un jeu: le Bouchaouen; ce jeu consiste á tenir deux bougies, mains levées, et de sauter sur un seul pied, le gagnant est celui qui aura sauté le plus.
Ainsi, en passant devant le zoo, entre minuit et minuit-cinq (l'heure á laquelle les chiens traversent la route) avec ses deux bougies dans une main et son scaphandre dans l'autre main, sa surprise fut á la vue d'un chien en scaphandre: Pas besoin de réfléchir, Vader était arrivé á Chaouen... mais!?!?! Comment cela se fait-il qu'il y'ait un zoo á Chaouen? Et comment se fait-il que les chiens ici aussi ne traversent qu'entre minuit et minuit-cinq? Devait-il continuer jusqu'en Espagne? En courageux aventurier qu'il est, il décida de poursuivre le chemin.
Vader, habillé de son scaphandre, plongea sous la Méditerranée á 2h du matin, sous les regards bienveillants de maitre Zaza et de XS. Une fois sous le détroit, il lécha son doigt et le leva verticalement, sentant les "vents marins" et se repérant ainsi sous cette mer sans repere. A ce moment lá, un grand malheur, conjugué á la plus grande catastrophe allaient se produire: le tuyau du scaphandre s'est coupé et les bougies se sont éteintes. Vader, indestructible comme il est, n'a aucun probleme á retenir son souffle (ma bqat εendou nefs) le temps d'une petite traversée et d'un achat de tuyau made in spain. Malheureusement il a acheté son tuyau chez un marocain, et le plus pire c'est que c'etait un made in China... Mais ce n'etait point un probleme, car ce meme marchand malhonnete n'etait personne d'autre que le chauffeur du taxi zreq que Vader avait ferchekh la veille quand il conduisait en regardant derriere, mais ce n'etait pas un probleme non-plus, car si Vader est indestructible, sa Siena l'est autant, ainsi la 240 (meme si c'etait un taxi zreq, mais il faut que ca soit une 240) était completement ferchkhée! Ce n'est point tres impossible. Et Vader repartit á Chaouen, ses deux bougies allumées et son scaphandre sur le dos du chien qu'il avait adopté apres cette aventure.
Arrivé á Chaouen, il offrit á sa bien aimée un porte-clef, souvenir d'Espagne, seul objet acheté l'εid le dernier qui lui restait, l'eventail qui était destine á cette derniere ayant disparu en chemin.
Apres toutes ces aventures passionnantes de notre héros, ce dernier dút
revenir á Rabat pour travailler et pour pouvoir s'acheter ainsi un une appartement de tres haut standing le plus vite possible, et au dessus du Barrio Latino si c'est possible aussi, et si c'est tres impossible ce n'est pas grave, il a un ami dont le telephone reflete bien le salaire et qui lui acheterait bien un une appartement... mais?!?! Pourquoi faire? Vader n'est-il pas indestructible? Il vivra chez lui et passera tous les soirs entre minuit et minuit-cinq devant le zoo, et ecrasera 2 ou 3 petits chiens (et plus si affinités) en chemin...
06 août 2008
Aljazeera, ou la falsification de l'histoire des andalous.
Quoi de plus irritant quand, en regardant un documentaire, on se retrouve face à une déformation flagrante de l'histoire?
Ma stupéfaction fut en visionnant un reportage d'Aljazeera,
ainsi on se retrouve avec des andalous au faciès très "typé berbère"
(ce n'est pas parce que 3 ou 4 familles andalouses auraient atterri au
milieu d'une tribu de jbalas que toute la tribu est andalouse!), avec
un chef de famille de réfugiés habillé comme un habitant de Baghdad,
ainsi qu'un amalgame malhonnête entre les habitants du Nord (jeblis) et
les andalous (de par les habitudes, le mode vestimentaire et les
caractéristiques physiques).
Aussi, il est nécessaire de remettre la lumière sur certaines vérités:
- L'insinuation que les expulsés d'après 1492 (jusqu'en 1614) auraient
des noms espagnols alors que ceux qui auraient fuit avant 1492 auraient
des noms arabes est fausse, ainsi certaines familles de cette dernière
catégorie portent des noms bien andalous (comme les Almandre) et certaines familles de la
1ere catégorie portent actuellement des noms arabes (comme les Benyoussef).
- Ce qu'on appelle "Aljamiado" n'est pas une langue que les moriscos
auraient été obligés d'apprendre pour remplacer l'arabe, mais est bel
et bien la langue parlée autrefois en Andalousie. D'ailleurs sa
proximité avec le Haketia n'est plus à démontrer, et la pratique de la
langue espagnole (sous différentes variantes) dans la vie de tous les
jours de l'Andalousie (contrairement à la langue de la Cour, langue
officielle, qu'était l'arabe) est un fait qu'il serait malhonnête de
nier, et si les descendants des hornacheros parlaient espagnol, ce n'est pas
parce qu'ils avaient été expulsés plus que 100 ans après, mais bel et
bien parce que cette langue a toujours été la leur jusqu’à l'exil.
- Le mot "Titawen" n'a plus lieu d'être. "Titawen" est une ville du
passé, une ville qui a été détruite et qui n'existe plus que dans les annales de
l'histoire. La ville de Tétouan a été bâtie par Almandre Ier, et toute tentative de minimiser cet acte ou toute
revendication sur cette ville, notamment celle
des berbéristes, n'a pas lieu d'etre.
- L'image des andalous réfugiés qui débarquent sur la plage déserte est
une déformation gravissime de l'histoire, car ces populations
débarquées ont été attaquées, dépouillées, volées, violées et
massacrées par les populations locales. Cette image donnée par le
documentaire n'est qu'une insulte à la mémoire des
victimes.
Cependant, la reconnaissance que les expulsés d'Andalousie n'étaient
pas des "arabes d'Andalousie" mais bel et bien des andalous de souche
convertis à l'Islam est louable, en espérant que les historiens, y
compris les marocains d'entre eux, reconnaissent (un jour) ceci et cessent de
parler des "arabes d'Andalousie", car ce n'est que falsification de
l'histoire et alignement avec les versions espagnoles utilisant ce
terme dans le but de donner un air "étranger" à ces populations,
justifiant par la même leur expulsion.
Avec tous mes remerciements à Wiam Khalifa El-Jamaï pour m'avoir fait connaitre cette vidéo.
Par: Omar Tounsi, descendant du Rais Tounsi qui mena la lutte
(Aljihad Albahri) aux cotés du Rais Alioua et qui fut le gendre de ce dernier, petit fils de Malika
Semmara, descendante de Almandre Ier, petit fils de Saadia Morena,
descendante de la famille Moreno qui furent les derniers gouverneurs de
Rabat de (l'ephemere) République du Bouregreg.
(cette derniere partie (signature) n'est qu'humour (meme si c'n'est pas faux)) :) :p
Published on Tuesday, February 26, 2008 at 9:49pm.
04 février 2008
La déportation des andalous: Un génocide oublié
En 1492, avec la chute du dernier Royaume musulman de Abou Abdillah, les Rois-catholiques optent pour l'évangélisation des musulmans. En 1525, Charles Quint prescrit à tous les Morisques de se convertir. En 1605, la décision définitive de déporter tous les Morisques est prise par le Conseil d'État. Ce fut la fin de l’Islam espagnol.
L'histoire commence avec la mort de Wittiza, roi wisigoth de la péninsule ibérique qui s'était allié aux juifs pour combattre le catholicisme encore balbutiant dans ces contrées.
En 709, Wittiza est tué par un autre Wisigoth, Rodrigue, qui est proclamé Roi. Rodrigue est, pour sa part, un chrétien catholique de fraîche date qui s'attaque d'emblée aux juifs et aux arianistes (des chrétiens qui rejettent la Trinité). Excédés par les exactions, les juifs durent rechercher des alliances pour mettre fin au règne de Rodrigue.
Aidés par les fils de Wittiza qui s’étaient repliés à Tanger après la mort de leur père, les juifs parviennent à convaincre Tarik de traverser le Détroit pour leur apporter un soutien. L'objectif immédiat est de se débarrasser de Rodrigue.
Tarik débarque en 711 à Gibraltar à la tête de 5.000 hommes, berbères et arabes selon certains, moins de mille, musulmans ou arianistes, pour d'autres. La conquête fut facile, les arianistes proches de Wittiza et les juifs avaient balisé le terrain de la conquête, permettant une avancée foudroyante des troupes venues de la rive sud de la Méditerranée. Rodrigue est tué et un pouvoir musulman prend place.
La péninsule ibérique avait, en cette période, trois principales composantes religieuses: les juifs, les catholiques et les arianistes. S'y s'est ajouté l'Islam, porté par des Arabes mais aussi, et surtout, par des Berbères, anciens juifs ou arianistes. Des musulmans peu nombreux, en sommes, sont donc à la base de l'islamisation de cette partie de l'Europe.
À cette islamisation adhèrent les premiers Européens, des arianistes wisigoths, qui seront suivis par des catholiques, le brassage aidant. Ce sont les descendants de ce brassage, sujets d'un Roi, qui seront expulsés de la péninsule en 1609. Ce fut un génocide.
Les croisades
Le monde catholique a imposé la croisade. En fait, il y eut deux sortes de croisades: L'une, qui eut plusieurs vagues, dont l'objectif était Jérusalem, c'est celle d'Orient qui débuta vers le XI ème siècle et cessa au XIII° siècle. L'autre, moins connue, imperceptible, mais efficace, c'est celle de l’Occident. Elle débuta au XI ème siècle avec pour objectif la “reconquista”. Elle s'est complue dans l'inquisition née au XIII° siècle, ce tribunal ecclésiastique qui perdura dans la péninsule jusqu'en 1808.
Cette croisade devait “dé-judaïser” et “dés-islamiser” la péninsule ibérique.
Pour la “dé-judaïsation”, ce sera fait en 1492 par Isabelle la Catholique, par un édit qui accorda quatre mois aux juifs pour se convertir ou quitter la péninsule sous peine de mort. Des dizaines de milliers d'entre eux quittèrent la péninsule dont 30.000, au moins, s'installèrent au Maghreb, dont 70 à 80% au Maroc. Leurs noms témoignent de leur origine, ils s'appellent Koria, Ovadia, Toledano, Moreno, Berdugo...
Pour la “désislamisation", dès 1492, avec la chute du dernier royaume musulman de Abou Abdillah, les Rois-catholiques optent pour l'évangélisation des musulmans.
À partir de ce moment, sur la péninsule, il y eut deux catégories de catholiques: Les vieux-chrétiens qui se prévalaient d'un sang pur, et les nouveaux-chrétiens, juifs ou musulmans convertis. Ils seront appelés marranes pour les premiers et morisques pour les seconds ; termes péjoratifs, suspects qu'étaient les marranes et les morisques de continuer à pratiquer leur religion d'origine mais en cachette. S'il y eut des conversions loyales et nombreuses au catholicisme, les faits retiennent qu'effectivement, nombre de morisques continuaient à pratiquer l'Islam, tout en participant, plus ou moins sincèrement, au culte catholique: Ils jeûnaient pendant le Ramadan et pratiquaient le sacrifice de l'Aïd Al Adha, mais se rendaient aussi à l'église.
Pouvait-il en être autrement? On ne change pas de religion du jour au lendemain aussi facilement.
Les Morisques
Passibles des tribunaux de l'Inquisition, soumis à une inégalité fiscale, brimés et dépouillés, les morisques se révoltèrent et se soulevèrent contre l'injustice. Une première révolte à Grenade en 1499, durement réprimée, impose déjà aux mudéjars grenadins -musulmans vivant sous un pouvoir chrétien- de se convertir ou de s'expatrier à Valence.
En 1525, par décret, Charles Quint prescrit à tous les musulmans de se convertir. Ils avaient donc obligation de faire baptiser leurs enfants, d'observer la foi et de convertir leurs mosquées en églises. Les révoltes sont réduites par la violence.
Sous le règne de Philippe II, une série de révisions foncières qui les lèsent, en plus de l'interdiction de l'utilisation de l'arabe, la destruction des textes arabes et le changement vestimentaires requis, débouchent, en 1568, sur la guerre d'Alpujaras, montagnes où se réfugièrent des morisques révoltés. Cette insurrection réprimée durement dans le sang prit fin en 1571. Les morisques seront une nouvelle fois déplacés. Le soulèvement de 1568 consomme en quelque sorte le divorce entre les monarques catholiques et les morisques.
A partir de ce moment, réellement chrétiens ou non, accusés d'hérésie et de concussions avec l'empire ottoman ou, plus tard, de collaboration avec la France d'Henri IV, le sort des morisques est scellé : Ils seront déportés.
En attendant, il fallait préparer le terrain.
L’Inquisition
Dès 1582, Francisco de Sandoval Y Rosa, marquis de Denia, futur Duc de Lerma, se charge de cette préparation.
Les morisques du royaume de Valence, préoccupés par leurs problèmes traditionnels que sont l'Inquisition, le prédicateur et les seigneurs censiers, ne pouvaient deviner que leur sort était désormais un jouet entre les mains du Duc de Lerma.
La mort de Philippe II en 1595, qui fut d'une extrême prudence dans ses décisions, permet à ce duc de mettre en place tous ses pions, à commencer par le nouveau monarque.
En 1605, la décision définitive de déporter tous les morisques est prise par le Conseil d'État. Les derniers préparatifs se font en secret car il fallait réunir d'importantes forces terrestres et navales, le but de l'opération ne devant être divulgué qu'au dernier moment par le chef du dispositif militaire. La date est fixée à l'automne 1609.
L'on commence par le recensement discret des foyers morisques pour identifier les morisques avec exactitude pour ne pas les confondre avec les foyers de vieux-chrétiens.
Les troupes commencent à rejoindre leurs cantonnements près des lieux où résident les morisques.
Le Vatican est contre la déportation mais le pouvoir religieux dans la péninsule est puissant. Ce pouvoir opte pour la déportation, persuadé qu'il était par le duc de Lerma.
Les garnisons sont mises en état d'alerte au début de 1609. Une flotte de soixante-deux galères et quatorze galions avec 7.000 marins est consignée. Des vétérans de l'armée de Flandre sont mis directement à la disposition du Vice-Roi de Valence.
Le 4 août 1609, Philippe III signe les ordres de déportation, confiés au chef de la milice Augustin Mexia, et destinés au chef des opérations militaires, Miranda.
Le 20 août, Mexia constate que le doute s'installe chez les morisques de Valence qui soupçonnent une anormale mobilisation de troupes venues des quatre coins de la péninsule. Il faut faire vite.
Le 17 septembre 1609, les galères du marquis de Santa Cruz se portent à Denia.
Le 22 septembre 1609, l'édit d'expulsion est promulgué et crié dans les rues de Valence et sa région. C'est l'explosion de joie chez les vieux-chrétiens. Le malheur s'abat sur les morisques.
La déportation
Cet édit précise : "Dans les 3 jours de la publication de cet édit, tous les morisques de ce Royaume (Valence), hommes, femmes et enfants, devront quitter leurs maisons et leurs villages et aller s'embarquer à l'endroit qui leur sera indiqué par ordre du commissaire chargé de cette affaire. Chacun pourra emporter la part de ses biens et meubles qu'il pourra porter sur sa personne, et devra s'embarquer sur les galères et les navires qui sont préparés pour les transporter en Berbérie où ils seront débarqués"
Pour calmer les esprits, l'édit garantit qu'il ne sera fait aucun mal et proposait même un débarquement en France ou en Italie.
Les femmes morisques mariées aux vieux-chrétiens pouvaient rester, mais pas les hommes morisques ayant une épouse vieux-chrétiens, ils devaient partir seuls sans les enfants. Les enfants de moins de quatre ans pouvaient rester si leurs parents morisques acceptent. L'immense machine militaire se met en marche, les galères de la marine militaire ne suffisant pas, il est fait appel aux transporteurs privés et, comble de malheurs, ce sont les morisques qui durent payer la traversée.
Les transporteurs privés se multiplient et les allers-retours devinrent rapides et plus fréquents, car il était plus rentable de débarquer les morisques en mer. Certains, débarqués sur des parties de la rive africaine de la Méditerranée, furent la proie des autochtones: tués, volés, réduits à la mendicité, ils étaient soupçonnés de vouloir occuper le pays et le doute subsistait quant à leur réelle religion.
Les conditions de déportations devenaient de plus en plus difficiles, plus dures, totalement inhumaines, d'où des révoltes et des tentatives de résistance, vite réprimées par l'armada militaire réunie.
Un autre édit d'expulsion sera promulgué le 9 décembre 1609: Il décide de la déportation des morisques de Murcia, Grenade, Jaen, Cordoue et Séville, ainsi que d'une seule bourgade de l'Extremadura et du Leon : la bourgade d'Hornachos, exclusivement peuplée d'une importante communauté morisque constituée en une sorte de République.C'est cette communauté qui peuplera Rabat et maintiendra intact son style de vie. D'autres édits, jusqu'en 1613, furent pris apres la decouverte de quelques lots de morisques oubliés dans l'arrière pays.
La description de la déportation des morisques de Valence donne une idée approximative de l'ensemble de l'opération. Il est dit que le transfert des populations morisques de l'intérieur se faisait évidemment à pied, dans des conditions tellement effroyables et que la majorité des déportés mourut.
Fray Jaime Bleda, inquisiteur conseiller du duc de Lerma dans la préparation et l'exécution de l'expulsion, était parfaitement informé, vu qu'il y prit une part essentielle: Il fut le témoin oculaire des déportations du Royaume de Valence. Voici ses conclusions :
“Ainsi, il est certain que des milliers de morisques qui quittèrent ce Royaume de Valence, même pas le quart survécut. Nombreux périrent en mer noyés, jetés par-dessus bord par les patrons des bateaux qui les volaient. D'autres naufragèrent sans pouvoir atteindre les plages de la Berbérie. Les Arabes en tuèrent un nombre infini. La plupart moururent de faim, de soif, de froid et d'affliction après leur arrivée en Afrique, où ils se voyaient exilés d'un paradis terrestre dans les sables, la sécheresse et la chaleur ardente de ces contrées, et aux mains de cette gente si féroce, inhumaine et barbare. C'eût été encore mieux pour l'Espagne, si tous avaient péri.''
Berbérie
Il s'agit de la première déportation humaine d'un système politique et d'un pouvoir organisés en Etat, la seule aussi où l'on constate qu'une autorité étatique déporte en dehors de son cercle de souveraineté et d'influence des personnes qui relèvent directement de cette autorité. L'estimation des déportés varie entre 500.000 et 1.000.000 de personnes, voire plus. Plusieurs trouvèrent refuge en France, en Italie, au Maghreb et en Turquie, principalement, mais nombreux furent ceux qui n'arrivèrent nulle part, voués dès le départ à une mort certaine : L'Etat organisateur de cette déportation n'avait-il pas estimé les pertes acceptables à 75%?
Les morisques furent déportés mais aussi dépossédés de leurs biens qui revinrent à la Couronne et à ceux qui ont organisé la déportation, tel que le Duc de Lerma, dont la fortune personnelle dépassa les moyens financiers du Trésor Public. Ces biens revinrent aussi à l'inquisition, pour une large part.
La corruption et l'inefficacité dominaient trop l'administration locale sous Philippe III pour que cette déportation soit réalisable en totalité. De nombreux morisques, heureusement pour eux, passèrent à travers le filet qui leur fut tendu, d'autres revinrent plus tard d'Afrique ou de France, d'autres surent encore acheter leur immunité.
Les morisques de Hornachos, méthodiques et gérant leurs malheurs, sont arrivés, par bateaux affrétés par eux, dans un premier temps à Salé. Considérés comme de curieux musulmans avec des mœurs particulières, ils durent opter pour une installation dans la ville jumelle de Salé, Rabat, dite Salé le neuf.
Ils ont perpétué leur mode de vie, de gestion et d'organisation, basé sur la solidarité et l'espoir du retour avec le rejet de tout ce qui n'est pas de leur essence. Repliés sur eux-mêmes, il vécurent jusqu'à l'indépendance en 1956 avec ce modèle social dont l'érosion avait débuté avec l'institution de Rabat comme capitale du Royaume par le Maréchal Lyautey en 1912.
Survivances
Ils portent, pour une grande partie, un nom andalou à consonance ibérique: Moréno, Palimano, Trédano, Mouline, Ronda, Roudies (Rodriguez), Barco, Bargach (Vargas), Caracso (Carasco), Cérone, Dinia, Koria, Farchado, Piro, Fennich, Palafrej, Palamino…
Ils sont toujours fiers de leurs noms.
D'autres morisques, les Torres, Médina, Almandre... ont élu domicile à Tétouan, autre ville morisque du Maroc où, là aussi, ils perpétuent toujours le souvenir de leurs ancêtres par la culture, l'érudition et la musique dite andalouse.
A Fès, les nouveaux arrivants en ce début du 17°siècle se sont joints aux premiers migrants andalous qui quittèrent l'Andalousie dès les premières victoires de la “reconquista " au XIII° siècle, n'acceptant pas de vivre comme mudéjars dans leur ancienne patrie.
Ces descendants de morisques perpétuent, pour l'Histoire, le souvenir de ceux pour lesquels le Cardinal Richelieu affirmait, dans ses mémoires, que « les commissaires de la déportation faisaient payer aux morisques lors de leurs déplacements forcés, l'eau des ruisseaux et l'ombre des arbres», et dont Ulysse Robert disait, dans son ouvrage Les signes d'infamie au moyen-âge édité à Paris en 1891, que « les morisques reçurent, lors du règne de Jeanne la Folle, l'ordre de porter des croissants de lune en tissu bleu sur leurs chapeaux, croissant de lune de la taille d'une demi-orange.»
L'histoire de l'Islam dans cette partie de l'Europe commence avec Wittiza, dont on ne connait pas le destin des nombreux fils, qui ont tout fait pour que Tarik prenne pied sur la péninsule. Leurs descendants furent-ils vieux-chrétiens ou nouveaux-chrétiens? Où sont-ils? A Rabat ou Tetouan? A Alméria ou Barcelone, ayant échappé à une funeste fatalité ? Dans la région de Mâcon en France grâce à Henri IV l'humaniste? Ou bien le transporteur privé les a-t-il jetés en mer?… Chacun dans ses certitudes, pourra-t-il donner sa réponse?
Déjà, dès la disparition de Paul V, pontife qui régnait lors de la déportation, l'édit de 1609 commença à peser comme une grande dalle sur la conscience de la population de la péninsule, et l'on a considéré comme injuste et inutile la déportation de plusieurs centaines de milliers d'habitants. Cette déportation scella le déclin de l’Espagne, alors forte, riche et conquérante: Les artisans de cette puissance avaient disparu.
Youssef Elidrissi, Maroc Hebdo no. 521
Revu et corrigé par: Omar Tounsi
http://www.maroc-hebdo.press.ma/MHinternet/Archives_521/pdf_521/page30et31.pdf
30 janvier 2008
Appel pour la défense des libertés individuelles
Attention danger !
(DR)
Au prétexte de “défendre la religion, la morale et la vertu”, les appels à la haine se banalisent, les menaces se multiplient, la peur se répand… Faut-il attendre que la violence éclate au grand jour pour tirer la sonnette d'alarme ?
Mardi 15 janvier 2008, la cour d'appel rend son verdict dans l'affaire
du prétendu “mariage gay” de Ksar El Kébir (TelQuel n°300) : inculpés
d'homosexualité, six hommes sont condamnés à des peines allant de deux
à dix mois de prison ferme. Commentaire de Me Mohamed Sebbar, par
ailleurs président du Forum vérité et justice, qui conduit le

collectif
de défense des accusés : “Vu le chef d'inculpation, un jour de prison
est déjà un jour de trop”. Ce n'est sans doute pas l'avis des centaines
d'habitants de la petite ville du Nord (des milliers, disent des
sources officielles) qui avaient protesté contre “la perversion des
mœurs” par des émeutes, actes de vandalisme et tentatives de lynchage.
A l'origine de cette flambée d'intolérance, des prêches incendiaires
dans des mosquées, et une campagne de menaces et d'intimidations menée
tambour battant par des groupes intégristes…
Si
jamais auparavant on n'avait vu une “insurrection” d'une telle ampleur
(saluée par un journal islamiste au cri de “grâce à Dieu, il existe
encore des hommes dans ce pays” !!), ce n'est pas la première fois au
Maroc, loin s'en faut, que des individus se retrouvent ouvertement et
nommément menacés par les tenants du “nouvel ordre moral” -
l'expression est désormais consacrée. Et l'homosexualité n'est qu'un
prétexte parmi d'autres. Chaque jour, sur Internet, fleurissent par
dizaines les menaces de mort anonymes contre divers “ennemis de la
religion” (clairement nommés, eux). Il suffit, pour accéder à ce
statut, d'avoir exprimé une opinion un tant soit peu décalée par
rapport aux standards de la morale et de la vertu (tels que les
islamistes les définissent). Ou, bien sûr, d'argumenter en faveur de la
laïcité - un concept que les intégristes, s'aveuglant obstinément sur
sa signification réelle, assimilent automatiquement à l'athéisme. Ce
qui, dans leur vision “orthodoxe” de la loi divine, appelle
nécessairement la punition ultime. En moins “trash”, mais à plus large
échelle, certains journalistes n'hésitent plus à pointer nommément ceux
qui, intellectuels, artistes, ou confrères, “attaquent l'islam” -
faisant courir de grands risques aux concernés et… les taxant de
“lâches” quand ils s'en inquiètent publiquement !
Dans un registre proche, depuis l'affaire des hard-rockers accusés de
“satanisme” en 2003, et malgré leur libération rapide suite à la
pression de la société civile, l'expression “âbadat chaïtane”
(adorateurs de Satan) est devenue un automatisme, dès qu'il s'agit
d'évoquer les amateurs de metal qui, chaque année, déferlent par
milliers sur le festival musical L'Boulevard, qui leur accorde une
place conséquente dans sa programmation. Comment, de retour dans son
quartier et parmi sa famille, un simple amateur de rock et de looks
extravagants peut-il vivre avec cette étiquette sans finir par se
renier sous la pression - ou à tout le moins, devenir paranoïaque ?
Des actes de violence isolés, il y en a régulièrement. La presse a
ainsi rapporté, il y a quelques mois, le cas de cet habitant d'Agadir
qui avait lapidé à mort sa mère qu'il soupçonnait d'adultère. Et chaque
année, on décompte de nouveaux morts ou blessés dans les campus
universitaires, à l'issue d'affrontements entre étudiants islamistes
extrémistes et d'autres, d'extrême gauche (autant dire athées, aux yeux
de leurs adversaires). Certains campus sont aujourd'hui des territoires
très risqués pour tous ceux qui osent afficher leur désaccord avec les
islamistes. Très peu l'osent encore, d'ailleurs.
Pour en revenir aux “coupables d'homosexualité” de Ksar El Kébir, et
alors que leurs familles n'osent plus se montrer en public, que leurs
enfants subissent pressions et quolibets à l'école, Human Rights Watch
monte au créneau, demandant l'annulation de la sentence : “Si le Maroc
aspire vraiment à être un leader régional en matière de droits humains,
il devrait montrer la voie en dépénalisant l'homosexualité”, peut-on
lire dans le communiqué de l'ONG américaine. Est-ce trop demander à nos
responsables ? “Concernant l'homosexualité, le législateur et la
société marocaine s'accordent à la condamner”, a déclaré sans ambages à
TelQuel Khalid Naciri, porte-parole du gouvernement. L'Etat serait-il
condamné à une attitude attentiste, fataliste, sans aucune possibilité,
même minime, de tirer la société vers le haut, notamment en légiférant
? “La locomotive ne peut pas aller plus vite que le train”, rétorque
Naciri.
Le discours du porte-parole du gouvernement peut-être résumé ainsi :
“Quand la société poussera, l'Etat suivra, pas l'inverse !”. Décevant.
L'Etat joue la montre, attend, laisse faire, prétendument avec le souci
de “préserver la paix sociale”. N'est-ce pas, au contraire, la
meilleure manière de la menacer ? Et quid des victimes ? Car même si,
depuis la condamnation des six accusés, le soufflé semble être retombé
à Ksar El Kébir, rien ne permet d'affirmer avec certitude que la
tempête est définitivement passée. Confirmation de Me Sebbar :
“Certains des inculpés seront libérés dans quelques semaines. La
question en suspens, c'est comment la foule va accueillir ces gens. Qui
va les protéger des menaces qui pèsent encore sur eux ?”.
L'homosexualité, ou l'arbre qui cache la forêt (des intolérances)
Changement de décor pour un autre procès. Le chef d'inculpation est le
même (homosexualité), et le jugement se déroule cette fois… dans un
amphithéâtre de la Faculté de Fès. L'histoire remonte à l'été 2006,
quand un jeune étudiant en sciences économiques est “jugé” par des
étudiants islamistes, qui l'accusent de représenter “une menace pour la
culture et un affront pour la virilité de tous les résidents”. Après un
simulacre de procès étalé sur plusieurs heures, l'étudiant est tout
bonnement exclu de la cité universitaire. “Un moindre mal finalement
car certains prônaient une punition plus sévère”, nous explique cette
source qui a bien suivi l'affaire. La “punition” en question : une
expulsion pure et simple de la ville de Fès, pour la version soft,
vingt coups de fouet (!!) assortis d'une expulsion de l'université pour
la version hard.
Le fil conducteur qui relie l'affaire de Fès à celle de Ksar El Kébir
pourrait s'appeler : négation de la différence, sous couvert de caution
religieuse. “L'argument religieux est imparable et certains l'ont
compris”, explique l'ethnologue Abdelbaqi Belfqih. Et de poursuivre :
“Nous sommes assiégés par une ambiance religieuse. La plupart des biens
culturels que nous consommons sont religieux. Idem au niveau du
langage, des codes vestimentaires. Dans un tel climat, on se plie à la
pratique dominante et on se tait”. En d'autres termes, il faut choisir
son camp : se conformer à la masse (et passer inaperçu) ou prendre le
risque, en s'exposant, d'assumer sa différence, sexuelle ou autre.
Pour le chercheur Mohamed Darif, les évènements de Ksar El Kébir ou de
Fès sont le résultat (prévisible) d'une “instrumentalisation des
valeurs conservatrices de la société”. Le politologue, qui a toujours
développé de fines analyses sur la société marocaine, est catégorique :
“Une société conservatrice n'est pas tolérante, par définition déjà”. à
lire les conclusions de l'enquête dirigée par Mohamed Ayadi, Hassan
Rachik et Mohamed Tozy (L'islam au quotidien, Editions Prologues,
2007), on est tenté de donner raison à Darif. Même s'il ne sonde pas
des questions relatives à la sexualité, “L'islam au quotidien” laisse
en effet planer le doute quant à la tolérance moyenne (des Marocains)
vis-à-vis de la différence. Exemple, ce chiffre : 66% (des sondés) se
sentent plus proches d'un Afghan musulman que d'un Marocain de
confession juive. Troublant.
Bien sûr, le fait que l'islamité soit placée en tête des composantes de
l'identité par une majorité de Marocains n'explique pas tout. Islamité
rime trop souvent avec normalité, mais où commence l'une et où s'arrête
l'autre ? Y a-t-il, à la base, dans les esprits moyens, un clivage, une
différenciation entre l'une et l'autre ? Rien n'est moins sûr. “Les
manifestants de Ksar El Kébir ne sont pas tous des islamistes, mais ils
font partie d'une population musulmane conservatrice”, résume Mohamed
Darif. C'est là qu'intervient le rôle des entrepreneurs politiques de
la religion. Utilisé comme source de légitimité par l'Etat et les
partis, l'islam devient le socle culturel unique de toute la société.
Le fond du problème, comme nous l'explique Darif, “c'est que la nature
de la culture dominante (religieuse) ne laisse guère de place aux
libertés individuelles”.
L'Etat aussi y met du sien, lui qui n'est pas exempt de tout reproche
puisque l'appareil répressif dont il dispose laisse la porte ouverte à
l'immixtion de la morale dans la vie privée des personnes. “A Ksar El
Kébir, tout se passe en fait comme si on était en plein ramadan,
poursuit Mohamed Darif. Vous pouvez manger chez vous, mais faites-le en
public et vous vous ferez lyncher. Si cela advient, vous serez
d'ailleurs coupable, aux yeux de la police, d'atteinte à l'ordre
public. Alors que vous venez de vous faire lyncher en public !”
La manip' près de chez vous
Quoi de plus dangereux pour la paix du brave citoyen qu'un défilé de
(jolies) jeunes femmes ? Souvenons-nous comment, en 2002 (déjà), les
organisateurs d'un concours de beauté ont découvert, effarés, tout le
trouble que pouvaient provoquer quelques filles en maillots de bain.
L'organisateur de Miss Maroc a même été menacé de mort parce que les
miss étaient trop court vêtues… Trop loin de nous, tout ça ? Pas si
sûr. Car cela laisse des traces, immanquablement. En 2006 par exemple,
un hôtel de la ville d'Agadir organise Miss Fashion TV Maroc. Un homme
averti en valant deux, les organisateurs préfèrent, chose tout à fait
inhabituelle pour ce genre d'événement, jouer la carte… du secret (ou
presque). Et tant pis pour l'impact. L'évènement se déroule loin des
projecteurs, à l'abri des regards indiscrets et inquisiteurs. Une
manière de se protéger mais aussi de préserver l'anonymat des
candidates, censées défiler en maillots de bain pour l'occasion. “Ils
(les organisateurs) craignaient qu'une partie de la presse ne s'attaque
à ce qui pourrait lui sembler culturellement et moralement incorrect.
On ne sait jamais ce qui pourrait se passer, et jusqu'où cela peut
aller, dans ces cas où l'information, les faits, déjà, peuvent être
travestis”, explique cette source locale, à Agadir. Les violences
directes, il n’y en a pas eu jusqu’à présent. La peur, elle, est déjà
là.
Le plus grand terreau de l’indignation facile reste
Internet. Sur le site Youtube, les Marocains brillent par leur
assiduité. Aussi bien en terme de vidéos postées que visionnées.
Résultat : un rien suffit pour soulever l'indignation des muftis
(autoproclamés) du Web. Les vidéos mettant en scène des photos de
jeunes filles dans des situations anodines ont droit, au mieux à un
florilège d'insultes, au pire à des menaces généralement rehaussées par
des versets apocalyptiques.
Mai 2007, le groupe Hoba Hoba Spirit se produit sur une scène de la
ville de Settat. Le journal apparenté au principal parti islamiste
saute sur l'occasion : “Lors du concert, les habitants de la ville de
Settat ont perturbé la prière”. Comble de la surenchère, le journaliste
y va de sa précision, déclarant que les empêcheurs de prier en rond
auraient escaladé un minaret, nus comme des vers. Incroyable !
Commentaire de Réda Allali, leader des Hoba Hoba Spirit : “C'est très
simple, ce qui a été rapporté par ce journal n'a bien sûr jamais eu
lieu, c'était du délire, de la pure fiction”. Mais le lecteur lambda
n'a pas toujours la possibilité de faire la part des choses, surtout
quand les “informations” se rapportant à un genre d'activité (la
musique par exemple) sont toujours abusivement déformées. Et là, on est
aux frontières de la manipulation. “Les gens en général ont un
imaginaire construit sur l'ignorance. Les responsables de ce type de
journaux ont tôt fait de tirer profit de l'absence de sens critique de
leurs lecteurs”, analyse l'ethnologue Abdelbaqi Belfqih. Quoi de plus
dangereux, alors, pour un journal que de vouloir, au détriment de la
vérité, coïncider à tout prix avec la pensée de Monsieur tout le monde
? Et de faire rimer objectifs commerciaux avec propagande et rejet de
l'autre…
Comment en sortir alors ? En proposant de nouveaux modèles culturels
aux jeunes, par exemple. Là encore, le constat n'est pas réjouissant.
Apparus sur la (nouvelle) scène marocaine, plusieurs groupes de rap
revendiquent un point de vue impertinent. Normal pour un genre
artistique, le rap, né pour bousculer la bienpensance. Dans les faits,
et de plus en plus, il n'est pas rare que la soupe soit pourtant
servie… avec un mélange de patriotisme et de discours moralisateur sur
les “filles qui traînent dans les rues”. C'est le rap taqlidi, celui
que l'on peut “écouter en famille”, avec force clichés et surenchère
moralisatrice. “Des artistes se sont recyclés en redresseurs de
consciences pour développer le même discours que ceux qui les
attaquent, comme s'ils cherchaient ainsi à les amadouer”, nous explique
Mohamed Meghari, alias Momo, organisateur du Boulevard des jeunes
musiciens. Le phénomène, hier encore confiné à la seule “chanson
traditionnelle”, s'étend aujourd'hui au rap, dernier des remparts
supposés imprenables. C'est dire.
Dans le cinéma, la poussée d'intolérance est aussi une réalité,
ressentie par les artistes. On se souvient que dans Wake up Morocco
(2006), la réalisatrice Narjiss Nejjar filmait une jeune femme tenant
tête à un groupe de fanatiques qui tentent d'empêcher par tous les
moyens la projection d'un film dans l'enceinte universitaire. Entre la
fiction et la réalité, il n'y a qu'un pas. Le cinéaste Ahmed Boulane en
sait quelque chose. “Le sentiment général est celui d'un recul des
libertés. Tout le monde le sent, et le vit au jour le jour”. Depuis
quelques années, les attaques contre les films et leurs auteurs sont
pléthore. Le réalisateur de Ali, Rabiaâ et les autres se souvient : “En
2005, mon film (ndlr : dont le scénario revisite l'atmosphère jouissive
des seventies) était projeté à l'Université Hassan II de Mohammedia.
Une vingtaine de barbus ont interrompu la projection dans un
amphithéâtre et ont même réussi à emporter le projecteur de 35 mm”. Le
lendemain, Ahmed Boulane est retourné sur les lieux pour s'expliquer
avec les “vandales”. “La plupart ont avoué n'avoir jamais vu le film.
Ils m'ont dit avoir simplement agi sous l'influence d'articles
incendiaires parus dans une certaine presse”.
Younès Moujahid, le secrétaire général du Syndicat national de la
presse marocaine (SNPM), ne dit pas autre chose, lui qui dénombre
plusieurs cas de “dérapages”. Il en souligne le péril : “Quand on passe
de l'information à la propagande, c'est un glissement déontologique”.
Certains titres de presse se sont acharnés, de manière aussi sélective
que perverse, sur des personnes ciblées, en brandissant les mêmes
accusations : atteinte au sacré (Dieu et son prophète), alliance avec
les sionistes, islamophobie, etc. Avant même sa sortie en salles, le
film Marock de Laïla Marrakchi s'est pris une volée de bois vert lors
du Festival de cinéma de Tanger, en 2005. Un membre du jury menaçant
même ses collègues de les traîner dans la boue, s'ils accordaient une
récompense au film. L'homme a fait du chemin depuis, lui qui a
construit son fonds de commerce à partir des attaques personnelles
contre les uns et les autres, toujours au nom de la supposée bonne
morale. Younès Moujahid explique dans un mélange d'étonnement et
d'indignation : “Ces journaux relatent des faits qui se déroulent dans
la sphère privée en les qualifiant d'offensive (houjoum) contre les
valeurs de la société, se focalisant sur des sujets sensationnalistes.
Cela a pour conséquence directe de mettre les gens ciblés en danger”.
Danger, le mot est lâché. Directeur de la publication Attajdid, un
quotidien qui a souvent pris pour cible festivals et films “incitant à
la débauche”, Mustapha Khalfi se défend : “On ne peut pas taxer de
populisme un journal tiré à 10 000 exemplaires à peine. On ne critique
pas le fait qu'un festival programme un film israélien. En revanche, si
c'est un film sioniste, c'est autre chose, car il s'agit d'une
idéologie raciste”. Pourtant, le film franco-israélien Les méduses
(Etgar Geret, 2007), qui n'a rien de sioniste, n'a pas reçu de visa
d'exploitation, et n'a donc pas pu être projeté dans le cadre du
dernier Festival Casa ciné en octobre 2007. En résumé, le film, une
simple chronique sociale ayant pour cadre Tel-Aviv, a été déprogrammé à
la dernière minute, alors qu'il faisait partie de la sélection du
Festival. “Cela intervient suite à une cabale orchestrée par des
journaux populistes”, confie cette source au sein de l'équipe
d'organisation. La censure des Méduses reste, dans tous les cas, une
première, et crée un précédent. Inquiétant pour un pays qui a toujours
su faire le dos rond durant les périodes de grande crise “identitaire”
(guerre du Golfe, conflit israélo-palestinien).
L'inquiétude aujourd'hui est réelle. Et profonde. C'est un processus
complexe, lié à la manipulation des esprits, à la puissance de
l'environnement quotidien, mais aussi au background culturel de tout un
chacun. C'est sans doute cette complexité-là qui fait dire à Hicham
Abkari, responsable de l'animation culturelle de la ville de
Casablanca, un homme connu pour sonder la température et le pouls tant
de la jeunesse (artistes, public) que des officiels qu'il côtoie tous
les jours : “Les gens qui appellent à la haine sont sincères. Ceux qui
appellent à la tolérance le sont moins”. Hélas, c’est souvent vrai.
Les propos de Hicham Abkari nous invitent à une psychanalyse générale,
nationale. Le passage sur le divan est indispensable pour mieux
comprendre tous les ressorts, tous les enchaînements, qui nous amènent
aujourd'hui au seuil de l'intolérance et, disons-le, de la violence.
Dieu reconnaîtra bien sûr les siens mais, ici-bas, les hommes jugent et
condamnent à l'emporte-pièce.
Demain, le pire ?
Fin 2006, l'affaire Nichane secoue le landerneau médiatique. Au départ,
un dossier anodin consacré aux blagues populaires au Maroc, prenant
pour thèmes la religion, le sexe et la politique. Le magazine est vendu
pendant une semaine sans soulever de polémique. Il faut attendre la
sortie du numéro suivant pour que tombe la décision d'interdiction, à
la surprise générale. Un site web islamiste avait bien allumé la mèche,
en appelant à porter plainte contre les journalistes de Nichane,
injustement accusés d'offenser Allah et son prophète. En quelques
jours, la machine s'emballe. Une manifestation étudiante à Kénitra et
un éditorialiste attisent le (petit) foyer de tension. Dans un
enchaînement surréaliste, voilà que… le Parlement koweïtien s'empare de
l'affaire et vote une motion virulente à l'encontre du magazine et de
ses journalistes. Pour l’auteur du dossier comme pour ses collègues de
Nichane, le pire n'était pas la flopée d'insultes et de menaces de mort
sur les forums Internet, mais bien ces “pseudo-progressistes et
intellectuels qui ont jugé le dossier avant de le lire, au motif qu'on
ne rigole pas avec la religion”. Et le cas Nichane n'est pas isolé.
Les responsables de la rubrique “mina l’qalb Ila l’qalb”, le courrier
du cœur du quotidien Al Ahdath Al Maghribia, ne comptent plus les coups
de fil de menaces et d'intimidations. “Il y a eu une période de légère
accalmie mais, depuis qu'on a instauré le numéro vert, les appels (et
les insultes) ont repris de plus belle”, nous confesse ce responsable.
Une allusion qui prêterait à sourire, si ce n'étaient les dangers réels
encourus par les journalistes du quotidien. Le 5 janvier 2004, Mohamed
El Brini, directeur de la publication, reçoit un colis piégé sous la
forme d'une lettre de vœux à l'occasion du Nouvel An. Le préposé au
courrier est précautionneux, il n'ouvre pas le colis suspect. Son
examen par la police scientifique de Casablanca révèlera que le paquet
renfermait bien des explosifs et était doté d'un système de mise à feu
à l'ouverture. Quelques mois plus tard, en novembre 2005, Saïd Lakhal,
collaborateur du même journal, et chercheur spécialisé dans les
mouvements islamistes, est menacé de mort par des radicaux qui
l'accusent d'apostasie. à cause de la teneur de ses analyses politiques
réputées peu tendres envers le radicalisme religieux et politique...
Faut-il attendre que la violence éclate au grand jour, pour tirer (trop
tard) la sonnette d'alarme ? Rappelons-nous de ce fait-divers peu
commun passé quasiment inaperçu en février 2002. Zakaria Miloudi, une
des figures de proue de la Salafiya jihadia à Casablanca, inconnue à
l'époque, prononçait une fatwa condamnant à mort (par lapidation !) un
“soûlard et débauché”. La sentence sera exécutée le soir même par le
groupe de Miloudi, connu sous le nom d'Assirat Al Moustaqim. Depuis
plusieurs mois, cette bande faisait régner la terreur dans les
quartiers Tomas et Skouila à Sidi Moumen, à Casablanca. S'érigeant en
gardiens de la morale, dans des bidonvilles délaissés par l'Etat, les
salafistes organisaient des rondes, armés de bâtons et de fouets, pour
faire valoir leurs “préceptes”, intimidant, agressant femmes non
voilées et couples “illégitimes”. A l'époque, ces agissements étaient
restés sans riposte, ou presque. Des mois plus tard, Assirat Al
Moustakim devenait célèbre en fournissant le gros des troupes des
attentats-kamikazes du 16 mai 2003...
-----------------------------------------------
Depuis quelques années, on assiste au Maroc à une inquiétante
prolifération des menaces et agressions (verbales ou physiques) à
l'encontre de divers groupes ou individus. 1. Attirons l'attention des autorités et de l'opinion publique sur l'extrême danger de cette situation, qui ne cesse d'empirer ; Un
comité de suivi de “l'appel” sera constitué, et annoncera son programme
de travail dans les prochaines semaines. Pour vos idées et
contributions, baytalhikma@gmail.com
À cause des goûts, croyances, opinions ou choix de vie personnels de
ces derniers, on les accuse d'“offenser les sentiments des musulmans”
et de “menacer les valeurs traditionnelles des Marocains”. Sous le
prétexte de “protéger la morale et la vertu”, certains n'hésitent plus
à prononcer, ouvertement ou de manière détournée, des sentences
d'excommunication (takfir) à l'encontre desdits “déviants”. Ce qui
consiste, clairement, à appeler à la violence physique à leur encontre,
voire à menacer leur vie.
Au vu de leurs conséquences, ces campagnes de stigmatisation
religieuse, suscitées et relayées par divers groupes intégristes, sites
Internet et titres de presse, constituent autant d'atteintes graves à
un principe fondamental et universellement reconnu : celui des libertés
individuelles.
La multiplication de ces campagnes, conjuguée à la passivité des
autorités, a fini par installer au Maroc un réel climat de terrorisme
intellectuel. Un grand nombre d'artistes et créateurs, penseurs,
écrivains, journalistes, ou simples citoyens aux goûts et choix de vie
personnels jugés “déviants”, subissent aujourd'hui, du simple fait de
l'exercice de leurs libertés individuelles, une pression considérable.
À de multiples reprises, cette pression a engendré des actes de
violence qui sont allés dans certains cas jusqu'au meurtre. Elle a même
abouti, dernièrement, à des émeutes, pillages et destructions de biens
privés par une foule manipulée, chauffée à blanc et sur le point de
procéder au lynchage public de prétendus “déviants”. La pression était
telle que l'Etat s'est vu acculé, pour “calmer la foule”, à libérer les
émeutiers appréhendés, puis à juger et condamner sans preuves… les
victimes de cette hystérie collective !
Nous vivons aujourd'hui dans un climat de haine et d'inquisition qui, à
terme, met en danger la paix civile au Maroc.
Nous, signataires de cet appel,
2.
Appelons les autorités et l'opinion publique à faire preuve de la plus
grande vigilance contre les propagateurs de haine et les inquisiteurs,
à l'affût du moindre prétexte pour susciter la violence et le trouble à
l'ordre public ;
3. Rappelons que la
religion est un bien commun qui ne doit en aucun cas être utilisé pour
dresser les Marocains les uns contre les autres ;
4.
Déclarons respecter les goûts, croyances, opinions et choix de vie de
chacun, quels qu'ils soient, tout en affirmant que personne n'a le
droit de diaboliser autrui sous le prétexte que ses sentiments sont
“heurtés” par l'expression de goûts, croyances, opinions ou choix de
vie différents des siens ;
5. Rappelons que
parmi les recommandations émises, sous l'égide de l'Etat, par
l'Instance équité et réconciliation, figure l'inscription dans la
Constitution du principe de respect de la vie privée des individus,
comme le stipulent l'article 12 de la Déclaration universelle des
droits de l'homme, adoptée par le Maroc, ainsi que les articles 17 et
18 du Pacte international des droits civils et politiques, ratifié par
le Maroc ;
6. Rappelons que les conventions
internationales qui protègent les libertés individuelles priment sur
les lois intérieures des nations (dont le Maroc) qui ont choisi de
ratifier ces conventions ;
7. Appelons
solennellement l'Etat à défendre et protéger les libertés individuelles
en sanctionnant clairement et résolument, dans le Code pénal, toute
forme d'incitation à la haine, à la discrimination et à la violence
contre les individus en raison de leur croyances, opinions et choix de
vie personnels.
-----------------------------------------------
Pour TelQuel, Ahmed R. Benchemsi
D’où
est venue cette initiative de lancer un “appel pour la défense des
libertés individuelles” ? D'abord d'un constat lucide : le “camp d'en
face” (celui des islamistes plus ou moins extrémistes et de tous les
populistes qui, objectivement, font leur jeu), dispose d'un cadre
idéologique clair : la religion et la morale islamique “pures et
parfaites” - ou du moins, c'est ainsi qu'ils la fantasment. “L'autre
camp” (celui des démocrates, libéraux et autres humanistes) a, lui, un
problème : son discours ne s'inscrit pas dans un corps de doctrine
clair et ouvertement affirmé. Ce camp-là se contente de dire, à chaque
fois que l'actualité l'exige : “Ce n'est pas bien de juger et de
condamner autrui sur la base de choix de vie personnels”… mais sans
dire, en contrepoint : “Voilà ce qui est bien, et voilà la doctrine
universellement reconnue dans laquelle notre condamnation s'inscrit”.
Cette doctrine, qu'il s'agit désormais de revendiquer haut et fort,
porte un nom : cela s'appelle les “libertés individuelles”
- et ce n'est d'ailleurs pas un concept totalement étranger à nos mœurs
politico-sociales. Au Maroc, le respect et la défense des libertés
individuelles sont réclamés par la très officielle Instance équité et
réconciliation (IER), dont les recommandations ont été émises sous
l'égide de l'Etat - et même du roi. Et bien avant cela, ils avaient été
réclamés à cor et à cri par une multitude d'ONG marocaines qui
défendent les droits de l'homme - dont les libertés individuelles font
intrinsèquement partie.
L'idée, en deux mots : chacun a le droit de vivre sa vie privée comme
il l'entend, sans être jugé ni diabolisé par les autres. Certes, nous
vivons dans une société globalement conservatrice, l'ignorer serait
s'aveugler. Selon le principe démocratique de base, la minorité doit
respecter l'opinion de la majorité. Mais selon le même principe, la
réciproque doit être tout aussi vraie. Or, cette règle démocratique
fondamentale, l'Etat a tendance à l'oublier, dès lors qu'il se trouve
un tant soit peu embarrassé - comme c'était le cas après la scandaleuse
“chasse à l'homo” de Ksar El Kébir, en novembre dernier.
Voilà donc la raison d'être de cet “appel pour la défense des libertés
individuelles” : donner corps à ce concept, au Maroc, montrer qu'il est
soutenu par une large partie de notre intelligentsia et de notre élite
- et, in fine, dire aux intégristes, aux populistes, et aux
propagateurs du nouvel et (dangereux) ordre moral : “Vous n’êtes pas
seuls”.
-----------------------------------------------
PREMIERS SIGNATAIRES
Abdellatif Laâbi Ecrivain, poète
Tahar Benjelloun Ecrivain, lauréat du prix Goncourt
Mohamed Chafik Académicien du royaume du Maroc
Larbi Messari Ancien ministre
Hassan Nejmi Ecrivain, ancien président de l'Union des écrivains du Maroc
Abderrahim Harouchi Ancien ministre
Salah El Ouadie Poète
Bigg Rappeur
Fatiha Saidi Députée bruxelloise
Mohamed El Gahs Ancien ministre
Noureddine Saïl Directeur du Centre cinématographique marocain
Farid Belkahya Artiste plasticien
Hakima Himmich Professeur à l'Université
de médecine
Noureddine Ayouch Publicitaire
Driss Moussaoui Psychiatre
Abderrahim Jamaï Avocat, militant des droits de l'homme
Mohamed Tozy Professeur universitaire
Saïd Saadi Ancien ministre
Mohamed El Ayadi Enseignant Chercheur
Soumiya Naamane Guessous Sociologue, professeur universitaire
Samira Sitaïl Directrice de l'information, 2M
Mohamed (Momo) Meghari Co-organisatur du festival L'Boulevard
Hicham Bahou Co-organisateur du festival L'Boulevard
Fouad Abdelmoumni Chef d'entreprise
Hicham Abkari Directeur du théâtre Mohammed VI Abdesselam Aboudrar Ingénieur
Abdeghani Aboulazm Professeur universitaire
Fadel Agoumi Directeur, La Vie Eco
Najib Akesbi Enseignant chercheur
Abdelkader Alami Président de la Ligue marocaine des droits de l'homme
Réda Allali Chanteur, journaliste
Ali Amar Directeur, Le Journal hebdomadaire
Khadija Amiti Sociologue
Bahia Amrani Directrice, Le Reporter
Ahmed Arehmouch Militant amazigh
Abderrahim Ariri Directeur, Al Watan Al An
Ahmed Assid Militant amazigh
Fouzia Assouli Présidente de la Ligue démocratique des droits des femmes
Nabil Ayouch Producteur, cinéaste
Mouhcine Ayouche Coach consultant
Abdelkader Azrieh Syndicaliste
Jamaa Baïda Historien
Omar Balafrej Militant USFP
Mohamed Benabdelkader Chercheur et activiste des droits humains
Ahmed Reda Benchemsi Directeur, Groupe TelQuel Saâd Benkirane Consultant
Khalil Benkirane Cinéaste
Abdefettah Bennani S.G. Association Bayt
Al Hikma
Azeddine Bennis Militant des droits de l'Homme
Rachida Bennis Ayouch Cadre supérieur
Hicham Benyaïch Médecin, enseignant
Jamal Berraoui Président, Org. marocaine contre la haine et le racisme
Ali Bouabid Membre du Conseil national de l'USFP Karim Boukhari Rédacteur en chef, TelQuel
Abdesslam Boutayeb Enseignant chercheur
Driss Chahtane Directeur, Al Michaal
Abdeslam Cheddadi Professeur chercheur
Youssef Chehbi Avocat
Houriya Cherif Haouat Consultante
Nacer Chraïbi Président, Collectif Démocratie et modernité
Saâd Chraïbi Cinéaste
Abdelmounaïm Dilami Directeur, Groupe
Eco-Médias
Nasreddine El Afrit Président du conseil de surveillance, Groupe Caractères Abdellah El Amrani Directeur, La Vérité
Mohamed El Brini Directeur, Al Ahdath
Al Maghribiya
Abdellah El Oualladi Avocat, ex-Président de l'Organisation marocaine des droits de l'homme
Saïd Essoulami Président, ONG CFM-MENA
Abdelfattah Ezzine Président, Cercle de citoyenneté
Rachid Fekkak Enseignant/Animateur en art théâtral et audiovisuel
M'Hammed Grine Militant associatif
Khalil Hachimi Idrissi Directeur, Aujourd'hui
Le Maroc
Mohamed Hafid Directeur, Al Hayat Al-Jadida
Ali Hajji Chef d'entreprise
Fatima Harrak Professeur Chercheur Institut
des Etudes Africaines, Rabat
Mustapha Iznasni Ex-membre de l'IER
Larbi Jaidi Economiste, universitaire
Maâti Kabbal Journaliste, écrivain
Kamal Lahbib Militant associatif
Abdelmalek Kettani Chef d'entreprise
Driss Khrouz Enseignant universitaire
Abdelaziz Koukas Directeur, Al Ousbouia Al Jadida Driss Ksikes Journaliste, écrivain
Kamal Lahlou Directeur, Editions la Gazette
Mehdi Lahlou Président d'ACME-Maroc
Said Lakhel Professeur chercheur
Abdelhaï Laraki Réalisateur et producteur
Moulime Laroussi Ecrivain
Hakima Lebbar Psychanalyste
Simon Levy Universitaire, homme politique
Najat M'Jid Militante Associative
Mohamed M'Jid Militant associatif
Abdelkrim Manouzi Médecin, militant des droits
de l'Homme
Fadoua Maroub Militante des droits de l'homme
Jaouad Mdidech Journaliste, militant des droits
de l'homme
Noureddine Miftah Directeur, Al Ayyam
Mohamed Mouaqit Universitaire
Abdelaziz Mouride Journaliste, artiste
Mohamed Mrabet Premier secrétaire du PPS, région Ktama Houceïma
Mustapha Naïmi Chercheur à l'IURS - Rabat
Jamal Eddine Naji Universitaire
Ahmed Najim Rédacteur en chef adjoint, Nichane
Bouchaïb Najioullah Consultant
Mostafa Nissabouri Ecrivain
Abdelaziz Nouaydi Avocat - militant associatif
Ilias Omari Président d'ONG
Bachir Rachdi Chef d'entreprise
Najat Razi Présidente, Association marocaine pour les droits de la femme
Ahmed Rdaouni Chercheur en sociologie culturelle Narjis Rerhaye Journaliste, écrivain
Meryem Rhazzar Militante associative
Gerti Roos-Benmakhlouf Assistante de direction
Khadija Rouissi Présidente, association Bayt
Al Hikma
Aïcha Sakhri Directrice, Femmes du Maroc
Noureddine Saoudi Ecrivain, enseignant
Said Sekkat Chef d'entreprise
Mohamed Sghir Janjar Directeur, Prologues
Khalil Sidki Militant altermondialiste
Amina Slaoui Militante associative
Omar Slaoui Chef d'entreprise
Aziz Smirès Médecin
Mohamed Soual Membre du bureau politique
du PPS
Khalid Mohamed Souhnoun Membre du conseil national du PSU
El Mostafa Soulaih Ecrivain, membre de La Commission Arabe Des Droits Humains
Karim Tazi Chef d'entreprise
Neila Tazi Chef d'entreprise
Bouchra Tounzi Militante associative
Fahd Yata Directeur, La Nouvelle Tribune
Rahma Yousfi Militante associative
Pour ajouter votre nom à cette première liste de signataires, envoyez un email
à baytalhikma@gmail.com
23 mai 2007
Un ancienne fatwa... just for fun!
The
New York Times a publié le 16/10/2005 un article contenant la
traduction de certains passages d’une fatwa publiée dans le
quotidien saoudien Al Watan. Voici la traduction française des passages cités par The New York Times:
Au nom de Dieu miséricordieux et bienveillant : 1. Jouez au
football sans délimiter le terrain par quatre lignes, car c’est là une
règle internationale inventée par les hérétiques. 2. La terminologie
internationale utilisée par les hérétiques et les polythéistes, avec
ses expressions comme "faute", "penalty", "corner", goal", "sortie",
etc. devrait être abandonnée et ces mots ne devraient jamais être
prononcés. Quiconque les prononce devrait être puni, réprimandé et
exclu de la partie. On devrait lui dire publiquement "Tu as imité les
hérétiques et les polythéistes et c’est interdit." 3. Ne criez pas
"faute" et n’arrêtez pas la partie si quelqu’un tombe et se foule un
poignet ou une cheville, ou si la balle touche sa main, et ne donnez
pas un carton jaune ou rouge à quiconque est responsable de la blessure
ou du tacle. L’action doit être jugée selon les lois de la charia
qui régissent les fractures et les blessures. Le joueur blessé doit
invoquer les droits que lui accorde la charia conformément au Coran, et
vous devez témoigner en sa faveur que l’autre joueur lui a fait mal
exprès. 4. Ne suivez pas
les habitudes des hérétiques, des juifs, des chrétiens et
particulièrement des Américains malfaisants concernant le nombre de
joueurs. Ne jouez pas avec 11 joueurs, mais utilisez-en plus ou moins. 5. Jouez vêtus de
vos vêtements habituels ou de vêtements qui leur ressemblent, mais pas
avec des shorts colorés et des maillots portant un numéro, car les
shorts et les maillots ne sont pas des vêtements musulmans. Ce sont des
vêtements d’hérétiques et d’occidentaux, et prenez garde à ne pas
imiter leur mode. 6. Si vous
remplissez les conditions précédentes et que vous avez l’intention de
jouer au football, jouez pour fortifier votre corps, pour le rendre
plus apte au combat pour Dieu et pour le préparer aux luttes du jihad.
Le football n’est pas pour passer le temps ou pour se réjouir d’une
soi-disant victoire. 7. Ne limitez pas
la durée du jeu à 45 minutes, qui est la durée officielle des juifs,
des chrétiens et de tous les pays hérétiques et athées. C’est là la
durée utilisée par les équipes qui se sont écartées de la voie droite.
Vous devez vous distinguer des hérétiques et des corrompus et ne leur
ressembler en rien. 8. Ne divisez pas
une partie en deux mi-temps. Jouez plutôt en une mi-temps ou trois
mi-temps, pour bien marquer votre différence avec les hérétiques, les
polythéistes, les corrompus et les désobéissants. 9. Si aucune des
deux équipes ne bat l’autre (ou "gagne", comme on dit) et qu’aucune ne
met le ballon entre les poteaux, n’ajoutez pas du temps additionnel ou
des tirs au but jusqu’à ce qu’une équipe gagne. Quittez plutôt le
stade, car gagner grâce à du temps additionnel ou des tirs de penaltys
constitue le summum de l’imitation des hérétiques et des règles
internationales. 10. Au jeu de
football ne nommez pas d’arbitre, car il n’y en a pas besoin lorsqu’on
s’est débarrassé des règles internationales concernant les fautes, les
penaltys, les corners, etc. Sa présence constituerait une imitation des
hérétiques, des juifs et des chrétiens, et un respect des règles
internationales. 11. Il ne devrait
pas y avoir de spectateurs pour vous regarder jouer. Car si vous êtes
là pour l’amour du sport et la fortification de votre corps comme vous
le prétendez, pourquoi quelqu’un vous regarderait-il ? Vous devriez les
inviter à se joindre à vous pour votre mise en forme et votre
préparation au jihad, ou leur dire : - « Allez et faites du
prosélytisme, faites la chasse aux actes moralement condamnables sur la
place publique et dans la presse, et laissez nous à notre préparation
physique. » 12. Lorsque vous
avez fini de jouer au football, ne parlez pas de votre partie en disant
« Nous avons été meilleurs que nos adversaires » ou « Untel joue
bien », etc. Occupez-vous plutôt de vos corps, de leur force et de vos
muscles, et dites « Nous n’avons fait que nous entraîner à courir, à
attaquer et à battre en retraite, et à nous préparer au jihad au nom de
Dieu. » 13. Vous devriez
cracher au visage de quiconque met le ballon entre les poteaux, puis
court trouver ses amis pour que ceux-ci le suivent et le prennent dans
leurs bras, comme le font les joueurs en Amérique ou en France ; et
vous devriez le punir et le réprimander, car quel rapport y a-t-il
entre se réjouir ou s’embrasser et le sport que vous pratiquez ? 14. Vous devriez
utiliser deux poteaux au lieu de trois barres de bois ou d’acier
délimitant l’espace où il faut mettre le ballon, en enlevant la barre
transversale pour ne pas imiter les hérétiques, et pour refuser
complètement le despotisme des règles internationales du football. 15. Ne remplacez
pas un joueur qui ne peut plus jouer par un autre, car c’est là une
pratique des hérétiques d’Amérique et d’ailleurs. Article "God Is in
the Rules" publié par The New York Times le 16/10/2005 dans la page
http://www.nytimes.com/2005/10/16/opinion/16porter.html ?th&emc=th Donc... grosso modo tous ceux qui jouent au football iront en enfer! C'est grave parce que la i'n'y aura plus de place en enfer tellement ce sera saturé de footballeurs!!!
-> Heureusement (ou malheureusement?), le ridicule ne tue pas!
21 mai 2007
Fatwa Summer Session @ Alazhar! MDR!
LE CAIRE - La fatwa de deux théologiens provoque un tollé en Egypte.
Selon les deux professeurs de l'Université d'Al-Azhar, le plus grand
centre de théologie sunnite au monde, la seule façon de se retrouver
seul avec une collègue de travail dans un bureau est de la téter.
L'islam interdit à une personne d'être seule dans une pièce avec une
autre du sexe opposé, en dehors du mariage ou sans lien de parenté
proche. Mais la femme pourrait désormais enlever son voile et être
seule avec son collègue dans un bureau, à condition de l'avoir allaité
à cinq reprises, en lui donnant "directement son sein", ont tenu à
préciser les deux hommes.
Pour un autre théologien d'Al-Azhar, cette fatwa ne serait qu'une
mauvaise interprétation d'un "cas particulier" du temps de Mahomet. Le
prophète aurait en effet conseillé à une femme d'allaiter son fils
adoptif, alors adulte, pour devenir ainsi sa mère de lait, après
l'interdiction de l'adoption dans l'islam. Cette femme lui aurait donné
à boire de son lait dans un bol et non directement de son sein, a-t-il
expliqué.
(ats / 20 mai 2007 21:38)
Bref, d'un cote les fatwas des oulemas extremistes, de l'autre celles des oulemas analphabetes (vous pouvez remplacer "analphabetes" par "extraterrestre", "abrutis, ou encore "extraordinaires")... Eh bien on n'est pas sortis de l'auberge loool!
Mais franchement! On ne peut que se poser des questions en lisant de telles sotties! Et dire que dans ce pays on emprisonne des gens pour apostasie ou encore pour s'etre exprimés sur le net!!! Ma foi je verrais mieux ces bidules barbus stupides analphabetes en prison plutot que les bloggers! Mais bon, elli kwaneb kayebqaw kwaneb, we elli hmir kayebqaw hmir! LoL!
29 janvier 2007
La Fatwa de l'année - Saison 2007
Apres la fatwa qui interdit de faire l'amour tout nu, un nouvel épisode dans la série des Fatwas ahurissantes: Selon le mufti Gomaa, " L'islam interdit à la femme de devenir chef d'Etat"!!!
Voici l'article selon l'AFP:
LE CAIRE, 27 jan 2007 (AFP) - L'islam interdit à la femme de devenir chef d'Etat (mufti)
L'islam interdit à la femme de devenir chef d'Etat mais tolère qu'elle
devienne magistrat, a affirmé le mufti d'Egypte cheikh Ali Gomaa, cité
par la presse samedi.
"Selon la charia (loi) islamique, la femme ne peut être chef d'Etat,
car il est des prérogatives du dirigeant de conduire en imam les
musulmans dans la prière, (tâche) qui ne revient qu'aux hommes", a
déclaré cheikh Gomaa dans une "fatwa officielle" (décret), publiée par
le quotidien gouvernemental Al Ahram.
"Si les droits politiques signifient le droit de vote, de se porter
candidate ou d'assumer une fonction publique, alors la charia ne
s'oppose pas à ce que la femme assure ces fonctions, à l'exception de
celle de chef d'Etat", a précisé le mufti.
"La femme peut donc se porter candidate au Conseil consultatif et au
Parlement, tant qu'elle peut concilier son travail et les droits qu'ont
sur elle son mari et ses enfants", a-t-il poursuivi.
Selon cheikh Gomaa, ces droits ne doivent pas enfreindre "les lois de
l'éthique islamique" et elle ne devra donc pas se "dévoiler, se parer
de ses meilleurs atours ou se retrouver seule avec des hommes qui ne
sont ni son mari, ses frères ou son père".
"La femme peut donc participer à la vie publique - sociale ou politique
- tant que cette participation respecte la morale islamique et tant
qu'elle n'entraîne pas qu'elle néglige son foyer", a-t-il affirmé.
Concernant la magistrature, le mufti indique que "l'ensemble des
références religieuses exigent qu'elle soit assurée par un homme".
Il cite cependant deux avis contraires rendus par de grands maîtres,
dont l'un d'eux affirmant que "la femme peut devenir mufti et par
conséquent peut devenir magistrat".
En 1956, la femme égyptienne a été la première du monde arabe à obtenir
ses droits politiques, mais elle se bat toujours pour accéder à la
fonction de magistrat.
Décidément, ces muftis et cheikhs d'Al Azhar nous étonneront pour chaque nouvelle année... La Khoroto-Connection a de beaux jours devant elle!!!:D
27 novembre 2006
De nouveau...
Cela fait longtemps que je n'ai rien ecrit sur ces pages... je ne sais pas pourquoi... Peut-etre que certains evenements qui se sont produits pendant l'eté m'ont plus que boulversés, ce n'est pas toujours facile de perdre qqn de tres cher, de tres proche... mais on n'y peut rien, la vie continue!
L'eté... si je ne parle pas de ces "evenements", il n'y aurait pas grand chose á dire... ou presque! A part que je n'arrete pas de penser aux bons moments passés avec mes amis, Omar-P, Amine & Amine, Maryam, Hatime, Kays, au Mumbai, au Reservoir, chez Kays, chez moi (ps: Hatime, la prochaine fois que tu voudras te suicider, fais le chez qqn d'autre! lol), chez Omar, Wad Cherrat, ou zid ou zid! :D
Par contre pas moyen de sortir sans se bagarrer! Si ce n'est pas un barbu (avec la barbe sur le visage, comme ceux qui gardent qqes vestiges du repas d'il y'a une semaine, sinon de l'autre espece, celle avec de la barbe á la place des neurones... mais le 1er inclus le 2eme, me direz-vous, et je ne peux prouver le contraire!), c'est qqn qui me marche sur le pied, et si ce n'est ni l'un ni l'autre, c'est un douanier du CMN:
Moustache-Gros-bide: Bijor msieu! Chhal haz dial leflouss?
Moi: Pardon?
MGb: Combien le liquide?
Moi: Attendez, je compte!
(Et la j'ai pris mon temps á compter jusqu'au dernier centime ce que j'avais en Euros et en DH)
Moi (ironique): J'ai 362,80€ et 428,60DH... par contre j'ai aussi trois cartes bancaires sur moi, et vous aurez trop de mal pour compter ce qu'il y'a dessus!
(Lá un autre douanier vient se foutre de la gueule de MGb)
MGb: Pourquoi vous avez tout cet argent?
Moi: ??!!!??!
Mgb: Vous etes etudiant et vous avez cet argent! Et d'oú est-ce que vous avez cela?
Moi: C'est mon pere qui me le donne, et alors? vous n'avez jamais vu d'etudiant qui a de l'argent sur lui? c'n'est pas de ma faute si j'ai de l'argent!
Bref, je crois qu'il a pigé qu'il n'allait rien tirer de chez moi, il me lache aussitot... et lá, la "cabine" du policier des frontieres, rien á voir avec le douanier: Jeune homme, soigné, parle bien francais, sans bide ni moustache (faut le preciser!):
Policier: Bonjour monsieur, votre passeport SVP
Moi: voici...
P: Vous avez passé de bonnes vacances Omar? (Il est sympa!!!!)
M: Disons que oui...
P: Bon voyage alors! (rien de plus!!!)
Apres qqes reflexions, je crois que c'est le fait de mentionner l'adresse de mes parents (1ere BAFRA) qui a changé la donne... Bref, 1ere BAFRA = Militaire = Passe; Agdal = Civil + $ = Maqchakil... Wa jamais on ne va avancer!
Sinon mntnt je suis de nouveau á Strasbourg, et á Strasbourg, comme toujours il ne se passe rien d'interessant. Sur mon msn le countdown pour les vacances de noel (á Rabat) a commencé, plus que 27 jours.
A chaque fois que je suis avec mes potes (de Strass) on se lamente que ce soit nul qu'il n'y ait (presque) plus oú sortir apres 1h du mat! C'est simple: A strasbourg, on sort á 23h pour rentrer 2h plus tard... Il faut preciser que, en ville, il y'a en tout 5 (mini-)pubs ouverts jusqu'á... 3h du mat! On y passe de tout: rock francais, varietés francaises, musique de M6 et de MCM... bref, vous l'aurez remarqué, on y passe de tout sauf de la bonne musique (quoi que, parfois le "Seven" me rappelle nos chers pubs de Rabat, par la musique... "parfois" j'ai dit!)
Vous l'aurez compris, Strasbourg est une belle ville, le niveau des etudes est tres bon (on est quand meme 1ers en Europe en Chimie, et dans le Top50 mondial des universités scientifiques!), mais pour y vivre, c'n'est pas trop le bon plan! Sinon c'est bien pour faire du tourisme! :D
Bon, il est 5h38... j'ai trop squatte sur le web... je crois que je vais aller me reposer les yeux (et les neurones) histoire de capter ce que je vais etudier aujourd'hui (Chimie Orga + Chimie de Coordination)
Pisse! :D

